Évolution de la régulation de l’énergie en France : rapport 2025 de la CRE
Évolution de la régulation de l’énergie en France : rapport 2025 de la CRE Un tournant pour la régulation énergétique Le rapport d’activité 2025 de la Commission de régulation de...
Évolution de la régulation de l’énergie en France : rapport 2025 de la CRE
Un tournant pour la régulation énergétique
Le rapport d’activité 2025 de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), publié le 18 juin 2026, souligne une période charnière pour la régulation énergétique en France. Cette année marque la fin du mandat de son président et célèbre le 25e anniversaire de l’institution. Dans un contexte de transition énergétique, ce rapport s’inscrit dans la continuité des actions entreprises pour orienter le marché vers une plus grande intégration européenne et une transition bas carbone.
Le sommaire
Chiffres clés et intensification de l’activité
Comparativement à 2024, l’année 2025 a vu un accroissement des activités régulatoires de la CRE. Le nombre de délibérations adoptées est passé de 237 à 277, tandis que le nombre de consultations publiques est resté stable à 16. Cette augmentation témoigne d’un renforcement du dialogue entre la CRE et les parties prenantes, ainsi que d’une attention accrue portée à la surveillance des marchés. Ces éléments sont cruciaux pour garantir la liquidité et la transparence dans un secteur marqué par des fluctuations importantes, notamment après la crise énergétique de 2021-2022.
Décisions clés et impact sur le marché
Un des axes majeurs du rapport concerne l’élaboration des tarifs d’utilisation des réseaux publics d’électricité (TURPE 7) pour la période 2025-2028. Ce cadre tarifaire est essentiel, car il définit non seulement la rémunération des gestionnaires de réseaux tels que RTE et Enedis, mais aussi le financement des investissements nécessaires à la modernisation et à l’intégration des énergies renouvelables. En parallèle, la CRE a également mis en œuvre la fin des dispositifs de boucliers tarifaires instaurés lors de la crise énergétique, ce qui pourrait modifier les comportements des consommateurs face aux variations de prix.
La fin de ces dispositifs pourrait renforcer l’incitation à l’efficacité énergétique et à la sobriété, car les ménages et les entreprises seront à nouveau confrontés aux réalités du marché. Cela ne va pas sans poser des interrogations sur le pouvoir d’achat, que la CRE continue de suivre à travers les tarifs réglementés. À cet égard, les signaux de prix deviennent d’autant plus déterminants pour orienter les investissements dans le secteur.
Intégration européenne et nouvelles réglementations
Au niveau européen, le rapport souligne l’importance du nouveau règlement REMIT (REMIT II), qui vise à renforcer l’intégrité et la transparence des marchés de gros. La CRE consacre des efforts substantiels à sa mise en œuvre, en se focalisant sur la détection des manipulations de marché. Cela contribue à améliorer la confiance des investisseurs et à stabiliser les prix de gros, favorisant ainsi le développement des contrats à long terme. La directive Electricity Market Design (EMD), quant à elle, préconise une meilleure protection des consommateurs face à la volatilité des prix. Ce cadre réglementaire constitue un levier essentiel pour favoriser la transition énergétique, tout en veillant à la compétitivité du marché.
Tensions et perspectives
Le rapport de la CRE sur la surveillance des marchés de gros de l’électricité et du gaz naturel en 2025 met en évidence une normalisation des prix après les pics de 2021-2022. Cette stabilisation est liée à l’atténuation des tensions gazières et aux disponibilités nucléaires améliorées. Il est nécessaire de suivre ces tendances afin d’anticiper les répercussions sur l’offre et la demande. La situation actuelle soulève des enjeux d’équilibre structurel, où la transition vers une économie décarbonée devra se conjuguer avec une gestion optimale des capacités de production et d’acheminement.
Les mesures de régulation adoptées par la CRE auront des effets à long terme sur le paysage énergétique français. Les défis liés à la dépendance énergétique, la nécessité d’une diversification des sources et l’urgente adaptation aux nouvelles normes environnementales nécessiteront une coopération accrue entre régulateurs, opérateurs et consommateurs. Ainsi, le rapport 2025 de la CRE ne se contente pas de dresser un état des lieux, mais ouvre aussi un champ de réflexion sur l’avenir du marché énergétique en France.
Sources
Commission de régulation de l’énergie, rapport d’activité 2025; CRE Press Release; Monitoring Report 2025.



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