Hydrogène décarboné : trois projets lauréats pour l’électrolyse en France
Hydrogène décarboné : trois projets lauréats pour l’électrolyse en France Des projets significatifs pour l’hydrogène décarboné Le 22 juillet 2026, le gouvernement français a dévoilé les...
Hydrogène décarboné : trois projets lauréats pour l’électrolyse en France
Des projets significatifs pour l’hydrogène décarboné
Le 22 juillet 2026, le gouvernement français a dévoilé les lauréats du premier appel d’offres destiné à soutenir la production d’hydrogène décarboné par électrolyse. Ces projets représentent une capacité d’électrolyse cumulative de 161,4 MW et bénéficieront d’un soutien public de 778 millions d’euros sur une durée de 15 ans. Ce coup d’envoi marque une étape significative vers l’objectif national de 1 GW de capacité d’électrolyse pour l’industrie, prévu dans le cadre de la stratégie hydrogène révisée.
Le sommaire
Caractéristiques des projets retenus
Les trois projets sélectionnés se distinguent par leur portée et leur utilisation. Le projet FertHySomme à Somme, mené par FertigHy, dispose d’une capacité d’électrolyse de 95,3 MW. Il se focalise sur la production d’engrais azotés décarbonés, remplaçant l’ammoniac traditionnellement dérivé de sources fossiles. eM-Rhône, situé en Isère et développé par Elyse Energy, détient une capacité de 61,1 MW, et s’oriente vers la production de méthanol décarboné pour les besoins de l’industrie chimique. Enfin, le projet Hydrozère, opéré par Engie Solutions H2 dans la Lozère, se consacre à la fourniture d’hydrogène pour des applications de combustion dans le secteur de la métallurgie, avec une capacité de 5 MW.
Un mécanisme de soutien structurant
Ce mécanisme de soutien, qui court sur 15 ans, est pensé pour compenser l’écart de coût entre l’hydrogène décarboné et l’hydrogène fossile. La subvention est fixée à un maximum de 4 euros par kilogramme d’hydrogène produit, facilitant ainsi l’entrée de l’hydrogène électrolytique dans des secteurs industriels clés, tels que la chimie et la sidérurgie. Les projets éligibles doivent avoir une puissance comprise entre 5 et 100 MW et se consacrer à des usages industriels directs. Ce premier appel d’offres, lancé fin décembre 2025, a abouti à la sélection de trois lauréats sur six propositions, soulignant la compétitivité croissante dans ce domaine.
Tensions et perspectives
La stratégie nationale hydrogène, révisée en avril 2025, prévoit un soutien à hauteur de 4 milliards d’euros pour atteindre une capacité cumulée de 1 GW d’électrolyse. Cette démarche s’inscrit dans un cadre plus large de 9 milliards d’euros alloués au développement de l’hydrogène décarboné, incluant des dépenses antérieures comme celles du plan France Relance. Au-delà de la productivité, un enjeu crucial reste la compétitivité de l’hydrogène électrolytique face à l’hydrogène issu de sources fossiles, destiné à sécuriser les revenus des producteurs sur une période prolongée. Par ailleurs, l’État a initié plusieurs autres projets, visant non seulement à produire l’hydrogène décarboné, mais aussi à établir un écosystème industriel solide autour de sa production et de son utilisation, avec pour objectif la création de 8 000 emplois directs d’ici 2030.
La réussite de ces projets dépendra des capacités d’innovation technologique, ainsi que de l’intégration de nouvelles infrastructures dans le réseau énergétique existant. Les signaux de marché indiquent une demande croissante pour des solutions durables, tout en soulignant l’importance d’un cadre réglementaire clair qui pouvant favoriser l’investissement dans les technologies vertes. La transition vers l’hydrogène décarboné représente une étape clé pour la France, visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles tout en soutenant une économie plus résiliente et durable.


